Pourquoi est-il si difficile d’arrêter de fumer, même quand on en a vraiment envie ?

Il y a une phrase que j’entends régulièrement chez les personnes qui souhaitent arrêter de fumer :

« Je sais que je dois arrêter. J’en ai vraiment envie. Mais je n’y arrive pas. »

Et cette situation peut être particulièrement frustrante.

On peut avoir une réelle motivation, avoir déjà essayé plusieurs fois, avoir tenu quelques jours, quelques semaines ou même plusieurs années… puis recommencer.

Alors pourquoi est-il parfois si difficile d’arrêter de fumer alors qu’une partie de nous souhaite réellement arrêter ?

Et si le problème n’était pas simplement une question de volonté ?


La rentrée peut être le moment où l’on décide de changer

La rentrée représente pour beaucoup de personnes un nouveau départ.

On reprend le travail.

Les enfants retournent à l’école.

Les habitudes changent.

On retrouve un rythme plus structuré.

Et cette période peut également donner envie de prendre de nouvelles décisions :

mieux dormir, prendre davantage soin de soi, perdre du poids… ou arrêter de fumer.

Il n’est évidemment pas nécessaire d’attendre septembre pour arrêter.

Mais une nouvelle période peut parfois constituer un repère psychologique intéressant pour décider de modifier une habitude.

La vraie question devient alors :

« Qu’est-ce qui pourrait m’aider cette fois-ci à ne pas simplement essayer, mais à construire un véritable changement ? »


« Je manque de volonté »

C’est probablement l’une des premières choses que beaucoup de fumeurs se reprochent.

Pourtant, l’arrêt du tabac n’est pas simplement une question de volonté.

La nicotine peut entraîner une dépendance physique, tandis que la cigarette peut également devenir associée à des situations, des émotions et des habitudes très précises.

Par exemple :

  • la cigarette avec le café ;
  • celle après le repas ;
  • celle pendant la pause ;
  • celle lorsque l’on est stressé ;
  • celle en voiture ;
  • celle avec les collègues ;
  • celle après une contrariété ;
  • celle que l’on fume machinalement sans même y penser.

C’est pourquoi arrêter de fumer peut demander de travailler sur plusieurs dimensions à la fois.

L’Assurance Maladie rappelle d’ailleurs que l’accompagnement au sevrage peut associer soutien et traitements adaptés, notamment les substituts nicotiniques lorsqu’ils sont indiqués.


Pourquoi ai-je envie de fumer alors que j’ai décidé d’arrêter ?

Parce que l’envie de fumer n’est pas forcément uniquement liée à la décision consciente.

Une personne peut sincèrement penser :

« Je ne veux plus fumer. »

Et quelques heures plus tard ressentir :

« J’ai besoin d’une cigarette. »

Cette contradiction peut être déstabilisante.

Elle ne signifie pas nécessairement que la décision d’arrêter n’était pas sincère.

Elle peut simplement montrer que plusieurs mécanismes se sont installés autour du tabac.

Il y a ce que vous voulez consciemment.

Et il y a ce que votre cerveau a appris à associer à la cigarette.


La cigarette peut devenir une réponse automatique

Imaginez que chaque fois que vous êtes stressé, vous allumiez une cigarette.

Au fil du temps, votre cerveau peut associer :

stress → cigarette

La même chose peut arriver avec :

café → cigarette

pause → cigarette

après-repas → cigarette

contrariété → cigarette

À force de répétition, ces associations peuvent devenir très automatiques.

C’est parfois ce qui explique cette sensation étrange :

« Je n’avais même pas décidé de fumer. J’ai simplement allumé une cigarette. »

Le comportement est devenu une habitude.


Et si je fume surtout quand je suis stressé ?

C’est une situation particulièrement fréquente.

Certaines personnes ont le sentiment que la cigarette les aide à se détendre.

Elle peut effectivement être associée à un rituel de pause et à une sensation momentanée de soulagement.

Mais lorsque le tabac devient une réponse systématique au stress, il peut être intéressant de se demander :

« Qu’est-ce que je cherche réellement lorsque j’allume cette cigarette ? »

Est-ce une pause ?

Un moment pour soi ?

Une manière de gérer une émotion ?

Une habitude ?

Une réponse au manque de nicotine ?

Ou plusieurs choses à la fois ?

Cette question est importante car remplacer simplement la cigarette sans comprendre ce qu’elle représentait peut parfois rendre le changement plus difficile.


Pourquoi certaines personnes arrêtent-elles puis recommencent ?

Une rechute ne signifie pas nécessairement que tout a échoué.

Elle peut permettre d’identifier ce qui n’avait pas encore été suffisamment préparé.

Par exemple :

« J’ai recommencé après une soirée avec des fumeurs. »

Ou :

« J’ai repris lorsque j’ai traversé une période très stressante. »

Ou encore :

« J’ai repris parce que je pensais pouvoir fumer seulement une cigarette. »

Ces situations peuvent devenir des informations utiles.

Plutôt que de se dire :

« Je suis incapable d’arrêter. »

On peut se demander :

« Qu’est-ce qui a déclenché la reprise ? »

Cette différence de regard peut changer beaucoup de choses.


Faut-il attendre d’être totalement motivé pour arrêter ?

Pas nécessairement.

La motivation n’est pas toujours quelque chose que l’on possède ou que l’on ne possède pas.

Elle peut évoluer.

Certaines personnes veulent arrêter depuis longtemps mais ont peur :

  • du manque ;
  • de grossir ;
  • d’être irritable ;
  • de ne plus savoir quoi faire pendant les pauses ;
  • de ne plus avoir leur « moment à elles » ;
  • d’échouer une nouvelle fois.

Tabac Info Service recommande notamment de prendre le temps d’identifier ses motivations, ses bénéfices attendus et ses craintes, puis de choisir une stratégie adaptée et de se faire accompagner si nécessaire.


Et l’hypnose dans tout ça ?

C’est une question que l’on me pose souvent.

L’hypnose peut être proposée comme un accompagnement dans une démarche d’arrêt du tabac, notamment pour travailler sur les habitudes, les associations, les émotions, les automatismes et la représentation que la personne a de la cigarette.

l’hypnose est une méthode dont l’efficacité spécifique pour arrêter de fumer est aujourd’hui démontrée de manière suffisamment solide.

La revue Cochrane disponible sur le sujet conclut que les données sont suffisantes pour déterminer si l’hypnothérapie est efficace pour  l’aide au sevrage.

Tabac Info Service indique que l’hypnose n’est pas encore une méthode validée par la Haute Autorité de Santé pour le sevrage tabagique et recommande, lorsqu’elle est utilisée, de l’envisager en complément d’une démarche adaptée.

C’est pourquoi je ne vous dirai jamais :

« Une séance d’hypnose et vous êtes certain d’arrêter. »

Chaque personne est différente.

Et surtout, l’accompagnement ne doit pas remplacer une prise en charge médicale lorsqu’elle est nécessaire.


Alors, sur quoi peut-on travailler en hypnose ?

Lorsque vous venez consulter pour arrêter de fumer, nous pouvons notamment chercher à comprendre :

Vos habitudes

Quand fumez-vous ?

Dans quelles situations ?

À quels moments la cigarette apparaît-elle presque automatiquement ?

Vos déclencheurs

Stress ?

Ennui ?

Colère ?

Fatigue ?

Pause ?

Convivialité ?

Vos représentations

Que représente la cigarette pour vous ?

Qu’avez-vous peur de perdre en arrêtant ?

Que pensez-vous qu’il va se passer sans elle ?

Vos automatismes

Que faites-vous presque sans réfléchir ?

Et surtout :

qu’est-ce qui pourrait prendre progressivement la place de ces automatismes ?


« J’ai déjà essayé plusieurs fois »

Alors vous avez peut-être déjà appris quelque chose.

Chaque tentative donne des informations.

Vous savez peut-être maintenant :

  • à quel moment l’envie devient difficile ;
  • ce qui vous fait rechuter ;
  • quelles situations sont problématiques ;
  • ce que vous redoutez ;
  • ce qui vous avait aidé la dernière fois.

Une nouvelle démarche peut donc commencer non pas par :

« Je recommence à zéro. »

Mais plutôt par :

« Qu’est-ce que mes précédentes tentatives m’ont appris ? »


Et si j’ai peur de grossir ?

C’est une inquiétude très fréquente.

Elle mérite d’être prise au sérieux plutôt que d’être balayée.

La peur de prendre du poids peut elle-même devenir un frein à l’arrêt.

Elle peut également conduire à remplacer certaines cigarettes par du grignotage.

C’est pourquoi il peut être intéressant de réfléchir en amont à ce que vous allez mettre en place pour gérer les envies, les habitudes et les moments où vous aviez l’habitude de fumer.

Et si cette question du poids est particulièrement présente pour vous, elle peut aussi être travaillée séparément.


Que faire si je veux arrêter de fumer maintenant ?

La première étape est peut être simplement de faire le point.

Posez-vous ces quelques questions :

Pourquoi ai-je envie d’arrêter ?

Qu’est-ce que la cigarette m’apporte aujourd’hui ?

Dans quelles situations ai-je le plus envie de fumer ?

Qu’est-ce qui m’a fait reprendre lors de mes précédentes tentatives ?

De quel accompagnement aurais-je besoin cette fois-ci ?

Vous n’avez pas nécessairement besoin d’avoir toutes les réponses immédiatement.

Mais commencer à comprendre votre propre fonctionnement peut déjà constituer une étape importante.


N’hésitez pas à vous faire accompagner

Arrêter seul est possible pour certaines personnes.

Pour d’autres, un accompagnement peut faciliter la démarche.

L’Assurance Maladie rappelle que les substituts nicotiniques sont efficaces pour aider au sevrage et qu’ils peuvent augmenter les chances de réussite ; un professionnel de santé peut vous conseiller sur leur utilisation.

Vous pouvez également contacter Tabac Info Service au 39 89 pour bénéficier d’un accompagnement spécialisé.

L’hypnose peut  s’intégrer à cette démarche comme accompagnement.


Arrêter de fumer à Heillecourt, près de Nancy

J’accompagne au cabinet les personnes qui souhaitent travailler sur leur relation au tabac et mettre en place un changement durable.

L’objectif n’est pas de vous promettre une méthode miracle.

Il s’agit d’abord de comprendre comment la cigarette fonctionne dans votre quotidien, ce qui entretient vos habitudes et ce que vous souhaitez réellement changer.

L’accompagnement est personnalisé.

Chaque personne arrive avec son histoire, ses habitudes, ses motivations et ses difficultés.

Si vous souhaitez en parler, vous pouvez me contacter au cabinet d’Hypnose54 à Heillecourt, près de Nancy.


Questions fréquentes

Peut-on arrêter de fumer avec l’hypnose ?

L’hypnose peut être utilisée comme approche complémentaire dans une démarche d’arrêt du tabac. Toutefois, les données scientifiques actuelles ne permettent pas d’affirmer qu’elle est plus efficace que les autres formes d’accompagnement.

Est-ce une question de volonté ?

Pas uniquement. La dépendance à la nicotine, les habitudes et les associations entre cigarette, situations et émotions peuvent toutes intervenir.

Pourquoi est-ce que je recommence après quelques jours ?

Une rechute peut être liée à plusieurs facteurs : manque de nicotine, habitudes, situations déclenchantes, stress ou retour à certains automatismes. Elle peut aussi permettre d’identifier ce qui doit être mieux préparé.

Est-ce que je peux utiliser des substituts nicotiniques avec l’hypnose ?

L’hypnose peut être envisagée en complément. Les substituts nicotiniques constituent une aide reconnue au sevrage ; leur utilisation peut être discutée avec un professionnel de santé.

Combien de séances d’hypnose faut-il pour arrêter de fumer ?

Il n’existe pas de nombre de séances valable pour tout le monde. Le besoin dépend notamment de votre histoire avec le tabac, de vos habitudes et de votre situation.

Est-ce que je dois attendre septembre pour arrêter ?

Non. Si vous êtes prêt aujourd’hui, il n’y a aucune raison médicale d’attendre. La rentrée peut simplement constituer pour certaines personnes un repère psychologique pour décider de changer.


Pour aller plus loin: